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Jamais deux sans trois parait-il…mais pas cette fois ! C’est le...

Aurélien Collet, le texte de sa publication du 26-02-2018 18:00:00 :
Jamais deux sans trois parait-il…mais pas cette fois !

C’est le cas pour la Transgrancanaria, ma troisième tentative approche.
Après un abandon en 2015 pour avoir fait des tours et des détours autour de Roque Nublo, puis un second abandon en 2017 pour avoir voulu jongler avec un cailloux, l’envie de voir la ligne d’arrivée n’en était que décuplée.
Mercredi, 4h, notre voyage commence, les yeux encore un peu collés mais tout roule jusqu’à Las Palmas de Gran Canaria ou non devons récupérer notre voiture de location :
« Ce petit aparté n’a pas grande importance dans le récit, mais sachez que si vous prenez une voiture chez Goldcar, le montant de la caution sera débité…à bon entendeur… »
Revenons à nos moutons, Tiphaine et moi arrivons à Maspalomas, ville d’arrivée de l’épreuve située au sud de l’ile de Grand Canaria.
Nous posons nos valises dans l’immense et impressionnant hôtel, le Lopesan Baobab Resort ***** au décor « jungle ». A partir du troisième jour nous arriverons même à aller jusqu’au petit déj sans nous paumer dans les forêts de bambous géants … oui oui des bambous ! Et encore je ne vous parle pas du rhinocéros, des éléphants et des girafes ! Bref démesuré serait le bon qualificatif !
Jeudi sera notre journée « touriste » avec une escapade dans les dunes de Maspalomas et un dernier run à Roque Nublo, lieu emblématique de l’Ile.
Vendredi, ça y est c’est le grand jour, mais il faudra tout de même attendre 23h pour prendre le départ. C’est donc une longue journée de farniente entre shopping , sieste et assiette de riz blanc qui nous amènera jusqu’au soir.
Ce n’est pas faute d’avoir eu le temps aujourd’hui mais nous arrivons à l’arrache, 15 min avant le départ. Nous abandonnons la voiture en warning dans une ruelle puis gagnons la ligne de départ au galop , orienté par le speaker au sang chaud.
Le départ est donné sur la plage de Las Palmas, capitale de l’île. Les spectateurs sont nombreux et ce sera le cas jusqu’à la sortie de la ville.
5, 4, 3, 2, 1, nous sommes lâchés sous les lueurs d’un feu d’artifice mais pas vraiment le temps d’apprécier le spectacle car l’allure est soutenue. Ce nouveau site de départ est diamétralement opposé aux années précédentes où nous grimpions immédiatement. Cette année il faut courir, le GPS oscille entre 15 et 16 km/h jusqu’à rencontrer le premier « coup de cul » qui formera le groupe de tête. Les sensations sont bonnes et je me détache légèrement en compagnie de Cristofer Clemente Mora qui a l’air de vouloir prendre les choses en main.
Voila « enfin » le premier single, mais rien de folichon, c’est une rivière asséchée, rien d’autre qu’un dédale de galets. Cristofer n’a pas l’air d’apprécier, me voilà en tête mais pas pour longtemps car Tim Tollefson arrive et il arrive vite. Le garçon valant 2h20 au marathon, ce n’est pas un 15 km/h qui va le déranger ! Je saute immédiatement dans ces baskets, des Hoka d’ailleurs puisque c’est un collègue du team US Hoka. Quelques kilomètres se passent et c’est au tour de Pau Capell de nous rejoindre. Le trio est formé et cela durera un bon moment !
Quelle fierté de pouvoir courir auprès d’eux.
Nous passons Santidad Alta, premier point de ravitaillement au km 16,5 sans s’arrêter, puis vient Teror au km 27 où Tiphaine m’attend pour un ravitaillement éclair.
Plus les kilomètres passent et meilleures les jambes sont. Bien que conscient d’avoir pris un départ (trop) rapide je ne peux m’empêcher de profiter de la sensation du moment. Tim décroche légèrement et Pau perd du terrain sur les parties roulantes et les ascensions. Je suis sur un nuage, tout parait facile. Les 800 kms de janvier portent leurs fruits et les nouvelles sensations découvertes depuis peu se confirment.
Plus je me retourne et plus les lumières de mes poursuivants sont lointaines.
Un coup d’œil sur mon GPS me fait me rendre compte à quel point le tempo est élevé. Nous passons ce premier quart de course, soit la valeur d’un marathon , en 3h55 avec 2400 d+.
La nuit est longue et plus nous avançons, plus nous montons en altitude. Le froid se fait ressentir et l’humidité d’un épais brouillard n’est pas là pour arranger les choses. Les différences de températures entre les sommets et les passages dans les vallées sont flagrantes.
Arrivé au 50 eme kilomètre, à Presa de Los Perez, point de ravitaillement sur lequel nous n’avons pas le droit d’être ravitaillés par nos accompagnateurs. Je vois Tiphaine, il n’y avait rien de sur quand à sa venue sur ce point suivant le timing (voiture). Sa présence me fait un bien fou, c’est mon carburant. Je repars frais comme un cadet .

C’est au ravitaillement d’Artenara , que je vois Tim jeter l’éponge en raison d’une douleur aux adducteurs.

Il fait toujours nuit…c’est long, j’imagine que les paysages sont magnifiques mais il faut se contenter du halot lumineux de ma lampe frontale. Pau n’est pas loin, je le distingue de temps à autre, nous jouons au chat et à la souris jusqu’à se regrouper au ravitaillement de Tejeda.
Mes quadriceps crient au secours. Je me souviens, dans mon récit de la Transgrancanaria 2016, vous avoir conseillé de ne pas prendre le départ d’une course de montagne sans même avoir fait de la montagne.
Faites ce que je dis mais pas ce que je fais !
La montagne Montmorencéenne restant très limitée, il a fallut faire avec les moyens du bord. Donc forcement j’ai les cuisses qui chauffent quand il s’agit de descendre de 800 d-.
Sortie de Tejeda , la route s’éléve, j’entend la respiration de Pau s’accélérer jusqu’à ce qu’il perde du terrain. Tout comme les 80 précédents kilomètres nous ne perdons pas le contact visuel. L’aller-retour au pointage de Roque Nublo m’indique un petit écart de tout au plus 1 minute, mais aucune trace du 3 eme en contrebas. Tant mieux !
Je connais le secteur entre Roque Nublo et le ravitaillement de Garanon donc pas de surprise.
Nous sommes au point culminant du parcours, plus de gros dénivelé positif à prévoir , ce qui est bien dommage !
Maintenant il va falloir redescendre pour rejoindre le niveau de la mer, il reste donc une bonne quarantaine de kilomètres , 2300 d- et 500 d+, fastoche me direz-vous ?!
Que nenni…Un problème majeur et inattendu se dresse à l’horizon. La course « Marathon » vient tout juste de partir devant nous, et voilà des centaines de personnes à doubler tant bien que mal dans la longue descente vers Tunte.
Mes cuisses sont douloureuses et j’ai bien du mal à me lâcher. Je vois Pau prendre son envol.
Pour couronner le tout mon transit s’accélère m’imposant une courte escale.
J’arrive donc à Tunte avec quelques minutes de retard et une fatigue bien présente. Tiphaine sait trouver les mots pour me rebooster. En sortant du village , une longue bosse sur une piste large nous attend. Je regarde mes baskets et je trottine, à ce point de la course , marcher c’est renoncer. Le chemin rétrécit et je pense reconnaître Pau au loin. Je prends un point de repère et 2 min 10 nous sépare, je pensais que ce serait pire. Nous basculons sur une longue descente vers Ayagaures, celle la même où Gediminas Grinius et Didrik Hermansen m’avaient déposé il y a deux ans.
J’ai l’impression de limiter la casse dans ce pierrier mais c’est interminable. A chaque virage je cherche le barrage en contrebas indiquant la fin de ce calvaire.
Le voilà enfin, je n’ai aucune notion de l’écart concédé avec Pau. Mes flasques ne sont pas vides, il me reste une barre…Le choix est vite fait, je tente le tout pour le tout en ne faisant pas d’arrêt au ravitaillement.
Le chemin s’élève pour la dernière fois, 200 d+ sur une piste large. Même technique que précédemment ! Courir, courir et interdiction de marcher. Ca y est je vois Pau, il est à 1 min 30. L’espoir renait mais pour un court instant. L’ultime descente où il doit encore y avoir mes ongles de 2016 me tétanise les cuisses. C’est certain je reperds du temps !
Arrivé dans le lit de la rivière asséchée, signe des 10 derniers kilomètres, j’essaie de relancer. A mon avantage sur les parties roulantes en début de course, j’y crois toujours. Je relance, ma montre indique 4 min 30 au km, intérieurement je trouve ça pas trop mal au bout de 115 bornes dans un tas de galets. Mais ça ne dure pas…le corps lâche, la tête aussi…Aucune déception, bien au contraire, être à la bataille aux avants postes avec un Monsieur comme Pau est une immense fierté.

Reste à se trainer jusqu’à la ligne d’arrivée.
L’objectif est atteint en passant sous l’arche, souligné d’une performance inespérée.

La ligne franchie, accueilli par une nuée d’objectif ma seul préoccupation est de trouver Tiphaine dans la foule pour enfin savourer ce moment tout les deux.
Ces 13 dernières heures je te les dois, tu me transcende, je t’aime !

Une petite dédicace à mon ostéo, Ludovic, fabuleux mécanicien du corps humain.

PS : Je savais bien qu’il ne fallait pas que j’écoute tes conseils Gediminas Grinius ;-)

Crédit photo Ian Corless et Trails Endurance Mag

Hoka One One | PowerBar | St-Yorre Running | Thuasne Sport

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aurelien.trailerTu aimes transpirer, tu aimes courir, tu aimes la nature et le trail, alors jéte un œil sur cette page, ça pourrait te plaire !

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Message de Aurélien Collet du 24-02-2018Le 24-02-2018 :
Et voilà la fin d une magnifique course: il finit 2eme !!!! Bravo à toi champion. Il m aura bien fait vibrer !
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Message de Aurélien Collet du 24-02-2018Le 24-02-2018 :
Le jour s est levé, jusqu ici il était toujours en tête!
@powerbar @transgrananaria #utwt #timetofly
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Message de Aurélien Collet du 24-02-2018Le 24-02-2018 :
2eme ravitaillement prêt, ça me donne faim !!! Pas toucher à ses gâteaux, pas toucher à ses gâteaux 😋
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Le 24-02-2018 :
1er ravitaillement: la lutte est serrée en tête. Il a 20 min d avance sur sa planification .... croisons les doigts pour que ça tienne!!!

Message de Aurélien Collet du 24-02-2018Le 24-02-2018 :
1er check point : Aurélien tient la pôle position avec Tim , pas loin derrière se trouve Pau ...
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