Aller tout en bas au dernier message - Répondre au message - Retour au forum sur la course à pied
Les plans figés sur 12 semaines : qui les tient vraiment jusqu'au bout ? par Kalefa (invité) (80.14.93.xxx) le 27/08/26 à 15:29:54
Bonjour à tous,
Je cours depuis plusieurs années et j'ai un constat qui revient : je n'ai jamais tenu un plan d'entraînement jusqu'au bout. Une semaine chargée au boulot, une nuit blanche, un rhume — et le plan continue comme si de rien n'était, avec ses quatre séances prévues. Au bout de trois semaines je décroche, et je finis par reprendre au feeling.
Ma question aux gens du forum : est-ce que vous suivez vos plans à la lettre ? Et quand la vie s'en mêle, vous faites quoi — vous rattrapez la séance, vous la sautez, vous décalez tout le bloc ?
Je pose la question parce que j'ai fini par coder un truc pour moi : un plan qui se recalcule chaque semaine à partir des séances réellement faites plutôt que des séances prévues. C'est en bêta et c'est gratuit, ça s'appelle FORXE Pulse (pulse.forxe.app). Je le dis pour être transparent : c'est mon projet, et il n'y a rien à vendre puisqu'il n'y a rien à acheter.
Mais ce qui m'intéresse vraiment ici, c'est votre expérience du problème. Est-ce que l'adaptation automatique vous paraît une bonne idée, ou est-ce qu'un plan doit justement rester rigide pour forcer à s'y tenir ? J'ai entendu les deux arguments défendus sérieusement et je n'ai pas tranché.
Merci d'avance pour vos retours.
par (invité) (86.246.252.xxx) le 27/08/26 à 15:45:09
Rien à vendre et comme dit clairement dans message, c'est qu'un projet
par (invité) (2a02:a03f:a37b:2d00:229c:3e3f:f6f9:xx) le 27/08/26 à 20:48:50
À 2 mois d'un marathon, j'ai une idée de la tendance générale. Volume (souvent exprimé en km) estimé par semaine, nombr de séance de qualité, etc. Mais j'affine toujours le jour-même en fonction des sensations et des aléas.
par (invité) (2001:861:4447:c000:fd4a:d317:1809:xx) le 28/08/26 à 08:35:03
"Mais ce qui m'intéresse vraiment ici, c'est votre expérience du problème. Est-ce que l'adaptation automatique vous paraît une bonne idée, ou est-ce qu'un plan doit justement rester rigide pour forcer à s'y tenir ? J'ai entendu les deux arguments défendus sérieusement et je n'ai pas tranché."
-------------
La course à pied attire certains profils psychologiques particuliers, des personnes qui ne peuvent vivre sans rituels, pour tout et n'importe quoi, au travail comme pour les loisirs. Parfois même, l'alimentation entre dans ce système, certaines de ces personnes pèsent leur nourriture, ont des appli qui leur indiquent combien de calories sont absorbées, combien de protéines sont consommées, combien de ci, combien de là, et sans ça elles sont en stress. Même si les théories qui sont à l'origine de leur "plan" sont non prouvées, l'important n'est pas là, c'est que tout soit ritualisé, prévu et suivi.
Suivre un plan, même s'il est trop difficile ou trop facile est, pour cette catégorie de personnes, une obligation. C'est est au point où certains coureurs suivent des plans générés par IA et même par des IA généralistes dont la seule compétence est d'avoir un discours comparable à celui des entraineurs, même si cette IA ne connaît ni le niveau réel, ni la forme, ni rien de ce qui pourrait jouer sur les distances et les allures. Mais ça leur plaît, ça les rassure car il y a un carcan, un cadrage absolu, sans possibilité d'improvisation et d'évolution.
Leur laisser choisir les jours, les distances, les allures, c'est impossible, ces personnes auraient l'impression de ne pas s'entrainer correctement si elles faisaient évoluer au jour le jour leurs entrainements en fonction de leur forme, de leurs obligations familiales ou professionnelles, de la météo et autres éléments qui varient et ne peuvent être prévus par un coach, une appli, un magazine.
Pour tous les autres, le plan ne sert à rien sauf à motiver et à imposer une volume minimal pour ceux qui ne s'y tiennent pas sans ça. Dans ce cas, le plan doit être très permissif, et ne donner que la fréquence des entrainements, le volume global hebdo et le rapport entre intensités, du genre 3 endurances pour une séance intense. Les allures précises, les intensités, les durées et distances de chaque entrainements se règlent au jour le jour selon la forme, la santé et autres critères.
Tous les champions ont un coach qui leur indique chaque semaine voire chaque jour ce vers quoi il faut aller, les changements sont continus, rien n'est pré-établi des mois à l'avance, l'évolution de la charge, des allures est dépendante de l'effet que des entrainements passés. Pour ça, il faut accepter de sortir du schéma ultra rigide sans lequel certains sont perdus.
Bref, ta question dépend de la personne, de son profil psychologique. Tu as au boulot des personnes qui n'acceptent pas de faire un truc qui n'est pas prévu même si ça leur fait gagner en efficacité, simplement parce que ça sort du cadre, tu en as d'autres qui pètent un câble en 3 mois si tu leur imposes de faire des trucs qui restent les mêmes sans changements. Tout l'art du manager comme du coach est de déceler ce qui fonctionne pour telle ou telle personne en se gardant bien d'appliquer à une personne ce qui marche pour une autre. Si tu as des gamins c'est pareil, tu appliques volontairement ou sans t'en rendre compte des systèmes qui diffèrent selon l'enfant.
par caneslak (invité) (37.168.144.xxx) le 28/08/26 à 09:51:48
Intéressant, je n'avais jamais compris pourquoi tant de gens suivaient à la lettre des plans d'entraînements génériques, ou bien l'intérêt d'avoir un coach...
Un coach pour un sportif de haut niveau je peux le comprendre, on peut lui déléguer un peu de charge mentale sachant que le sportif peut lui communiquer avec précision ses ressentis sur ce qui va ou ce qui va pas lors des entraînements quotidiens, pour des petits ajustements.
Certaines personnes marchent aussi à l'affect envers le coach.
Mais un coach ou un plan pour les débutants ce serait plutôt le croix du confort, d'avoir un cadre rassurant et discipliné.
Sachant qu'ils sont novices, ils n'auront jamais eu l'habitude d'écouter leurs signaux corporels lorsque ça ne va pas, eu quelques rudiments d'entraînement sportif, eu de motivation pour s'entraîner régulièrement (et seul) plus de quelques semaines...
Les plans d'entraînement trouvent alors tout leur intérêt.
par Corinna (membre) (86.45.195.xxx) le 29/08/26 à 17:04:06
Chez moi, le plan finit toujours par perdre contre la vraie vie
par Garos (invité) (2a02:842b:8584:8801:7da4:1ea5:4be2:xx) le 30/08/26 à 15:32:14
"Tous les champions ont un coach qui leur indique chaque semaine voire chaque jour ce vers quoi il faut aller, les changements sont continus, rien n'est pré-établi des mois à l'avance, l'évolution de la charge, des allures est dépendante de l'effet que des entrainements passés."
C'est bien connu, les athlètes élite n'ont absolument aucune périodisation d'entraînement, aucune surcharge progressive, aucune distinction prépa générale/prépa spécifique, aucuns stages en altitude placés au bon moment dans la prépa... Bref, des dilettante qui font à peu près n'importe quoi et surtout n'importe quand, selon le sens du vent et l'envie de pisser.
Y'a des vedettes...
par (invité) (2001:861:4447:c000:449a:3619:82db:xx) le 30/08/26 à 16:04:00
Tu fais un énorme contre-sens si tu veux défendre l'intérêt de suivre un plan rigide en parlant des pro.
C'est justement parce que les champions ont un entrainement très pointu, avec phases, micro-cycles, variations des charges et autres subtilités afin de toujours progresser qu'ils ont une obligation d'ajuster très finement et en permanence leurs pratiques.
Le plupart sont maintenant suivis par des "data scientists" qui analysent tout ce qui est mesurable mais pas que (les échelles RPE sont très utilisées par les pro), créent des modèles théoriques, font évoluer en permanence les pratiques, les charges, les allures, le volume, toute une usine à gaz à mettre en lien avec les résultats, les variations de forme.
Tout cela est l'anti-thèse complète de l'idée qu'on peut créer un plan sur 12 semaines et s'y tenir, sans prendre en compte les retro-actions, le ressenti, l'effet des pratiques.
C'est justement en regardant ce qui se passe chez les pro mais aussi chez les meilleurs amateurs qu'on doit rejeter l'idée de suivre un plan figé, et qu'un coach compétent à l'œil avisé (ou en double d'un data scientist) est toujours l'idéal pour les pro et les amateurs compétitifs, car il réajuste en permanence les pratiques, la charge, le type d'entrainement.
Exception (déjà dit) : les coureurs qui sont déstabilisés par le changement, voire affolés par l'évolution des pratiques. Ce type de coureur existe et doit être respecté, et pour eux le plan sert alors plus à rassurer qu'à faire progresser.
par Clément (invité) (2001:861:c10:4930:4cd9:c1c4:2e06:xx) le 30/08/26 à 17:16:12
Un plan, c'est avant tout une feuille de route, une trame, une ligne directrice.
Évidemment qu'il faut adapter le déroulé des séances si besoin s'en ressent.
Le plus important est de comprendre le sens et la logique du plan: pourquoi telle séance à tel moment, quelles "qualités" je dois travailler, comment le volume de course évolue, la progressivité...
Si tu parviens à saisir cela, tu n'auras aucun problème à adapter le plan à tes contraintes et ressenti.
Le plus important est avant tout de choisir ou créer le plan qui te convient. Il doit être en adéquation avec les spécificités de la compétition que tu prépare, mais aussi être adapté à ton profil (travailler tes points faibles ou optimiser ce qui fait ta force)
Si tu as bien choisi ta logique de programmation, et qu'elle est adapté à tes contraintes de vie, tes capacités de récupérations ou de tes préférences d'entrainement, je ne vois pas ce qui peut coincer dans le suividu plan.
Par contre, il est évident que si tu pars avec un plan inadapté, tu va percuter le mur assez vite.
A titre personnel, je bricole de mon côté une programmation en puisant dans les différentes sources que j'ai eu l'occasion de consulter (ce forum, des bouquins d'entraineur, des vidéos youtube...). Et c'est toujours pour un moi un vrai plaisir de l'appliquer et de voir ma forme évoluée. C'est quand le même le kiff total, quand à 3 ou 4 semaines de ta course, tu te sens pousser des ailes et que tu sais que c'est en bonne partie grâce à tout ce cheminement. C'est même pour moi mes plus grandes satisfactions en course à pied et ma plus grande source d emotivation.
Répondre au message - Retour au forum sur la course à pied
Forum sur la course à pied géré par Serge